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Article C Duray 1D’Œdipe à Freud…quand l’Inceste reste le secret familial le plus tabou.

• Comment le thérapeute peut-il entendre le patient sans lui faire de mal ?
Comment ne pas brutaliser le patient en l’aidant à mieux se comprendre ?
Comment le thérapeute peut-il gérer sa « caisse de résonance » émotionnelle face à l’inentendable ?

   - Carine Duray-Parmentier, mars 2013 -

 

C’est avec un regard de systémicienne que j’aborde , tout au long de ce travail de recherche,  le sujet de la maltraitance familiale et surtout du « tabou de l’inceste » tant au sein de la famille mais aussi auprès des professionnels de la santé.

La maltraitance est une réalité d’abord existentielle et relationnelle, et non une forme spécifique de pathologie psychiatrique. Il s’agit ici bel et bien de détresse humaine. L’inceste, le silence et la mort sont parties liées. Silence de l’enfant traumatisé et contraint. Silence de l’agresseur en décalage de la parole structurante. Silence du tiers horrifié ou complice. Silence sur ce que personne ne veut entendre. Ce mutisme séculaire autour de la transgression d’un tabou fondateur des sociétés montre des brèches ici et là dans le monde entier. Si l’image sacrée du Père, du roi ou du patriarche résiste davantage à la révélation de l’innommable, on assiste actuellement, en Europe, à la mise au jour de ce menaçant secret dans les écrits, dans les pratiques socio judiciaires et même dans la loi.

L’inceste est un sujet grave et délicat, qui continue d’être occulté malgré les évolutions. C’est une réalité. Le phénomène demeure tabou.  Pour quelles raisons ? Parce que toutes les victimes n’ont pas la possibilité de parler ou n’osent pas franchir le pas par crainte de représailles,  y compris la peur de perdre sa famille, par crainte de ne pas être entendu par le tiers (thérapeute, travailleur social, éducateur, médecin de  famille, enseignant, et même la famille…)
Par conséquent, ne nous leurrons pas, l’inceste reste déconcertant, dérangeant, étrange. Il dérange car il touche la société, pas uniquement les classes moyennes ou pauvres mais aussi les classes sociales élevées, où vraisemblablement les cas d’incestes semblent moins évoqués.
Il est à noter qu’au sein de la famille persistent des lois. Entre autres, celle du pacte du silence qui enferme la victime d’inceste dans une omerta familiale, un lourd secret. L’inceste est une forme de « ‘cancer psychologique’, qui nécessite un traitement qui est parfois douloureux ». Ceux qui ne parlent jamais, se terrant et vivant avec ce secret, vivent perpétuellement dans une demi-mort, dans un simulacre de vie. L’inceste n’est pas un acte mineur. Tout abus sur un enfant est un traumatisme pour l’adulte à venir, dans sa construction psychique, psychologique et parfois physique, car le corps et la psyché n’oublient jamais, même si souvent il existe des clivages et un déni de la réalité.

Ce travail  sur l’inceste m’a amené à m’interroger sur notre comportement en qualité de thérapeute face à nos patients. De ce questionnement est née mon envie de poser la question sur l’inceste et la thérapie afin d’apporter des éclairages précieux sur la difficulté pour une personne victime à franchir le cap, ainsi que sur le comportement et la réponse du thérapeute face à sa ou son patient(e) évoquant à mots couverts son mal être Ceci afin d’éviter de reproduire une situation similaire à l’abus vécu.   

Pour synthétiser, ce projet de travail reprend différents points concernant la problématique de l’inceste. Le fait que l’inceste ne soit pas repris dans le code pénal peut amener la famille à considérer cela comme un tabou.  Le silence restant à jamais de mise même si la victime se confronte à son incesteur/ abuseur.  Puis, il existe différents types d’inceste que je vous invite à découvrir tout au long de ce texte (cf .lien ci-dessous) que j’ai réalisé dans le cadre de ma formation  à l’UCL (Louvain-la-Neuve) en l’Approche multidisciplinaire de l’abus sexuel.

 

Pour en savoir plus, téléchargez l'intégralité de cet article (pdf) en cliquant sur le lien ci-dessous :